Depuis plusieurs mois maintenant, nous avons collectivement œuvré pour que les primaires citoyennes, exercice démocratique sans précédent, soient un véritable succès. Ce n’était pas chose aisée, d’une part parce que ce n’est pas le dispositif que nous avions privilégié (nous étions favorables à des primaires de la gauche) et d’autre part parce que tout était nouveau et exigeait rigueur et méthode. Pari gagné néanmoins ! Avec 83 923 votant-e-s, notre département obtient un taux de participation de 10,05% soit plus de 3 points au-dessus du taux de participation national (6,62%). Les débats ont permis de mettre en avant des idées et de parler de notre projet politique à toute la société française, pendant plusieurs semaines.
Le résultat de dimanche soir est forcément, pour nous et notre courant, une déception. Surtout après une campagne militante pour Martine Aubry dans laquelle nous avons joué un rôle central, grâce notamment à nos relais syndicaux et associatifs. Avec un peu de recul, il sera intéressant de regarder précisément les résultats et les études sociologiques sur les participants, afin d’avoir une idée claire du message adressé par les électeurs au parti socialiste.
Le premier enseignement est en tout cas évident : la droite est aujourd’hui la première victime des primaires, non seulement parce que le PS a accaparé le débat politique mais aussi parce qu’elle est incapable du même exercice démocratique. En ce sens, les primaires ont probablement permis à la gauche d’être en position de l’emporter enfin en 2012.
François Hollande est maintenant le candidat des socialistes. Il a été élu démocratiquement, avec une avance importante qui le légitime fortement. Il doit maintenant rassembler, et avant tout, ceux qui ont soutenu Martine Aubry. C’est sa responsabilité de le faire, c’est la nôtre d’être prêts à l’accepter. Il est le candidat, cela signifie qu’il pourra structurer son programme en s’appropriant le projet commun des socialistes adopté à l’unanimité. Mais en aucun cas, il ne devra le renier.
La défaite de Martine Aubry ne peut en tout cas être interprétée comme une défaite des idées qu’elle a défendues pendant la campagne : juste échange, contrôle des banques, volontarisme économique et rejet de la rigueur, non-cumul des mandats, sortie progressive du nucléaire, égalité femmes-hommes, etc. Au contraire, si l’on regarde les scores cumulés obtenus par Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal, on voit bien que les électeurs ont fait davantage le choix d’une gauche de transformation plutôt que d’une gauche d’accompagnement. Au deuxième tour, la personnalité des deux candidats et leur capacité supposée à gagner ont davantage influencé le vote, notamment de ceux qui ne s’étaient pas déplacé pour le premier tour.
Nous devrons aussi être particulièrement vigilants sur la stratégie électorale choisie par notre candidat et rappeler que, depuis fin 2008, c’est la ligne du rassemblement de la gauche qui s’est imposée dans le parti et dans l’élaboration du projet face aux tenants de l’alliance au centre.
Afin d’analyser collectivement cette nouvelle situation politique et de définir les contours de notre participation à la campagne présidentielle et de notre investissement dans le Parti Socialiste, nous te donnons rendez-vous à notre prochaine assemblée générale :
Jeudi 27 Octobre , à 19h
à la Fédération