Henri Emmanuelli : “Notre rôle est de redonner un peu d’espoir”

Henri Emmanuelli, député des Landes, le 18 janvier 2012.

Henri Emmanuelli, député des Landes, le 18 janvier 2012. Marc Chaumeil pour Le Monde

Dirigeant de l’aile gauche du PS, Henri Emmanuelli, député et président du conseil général des Landes, a demandé à François Hollande, mardi 17 janvier, “une clarification” après les propos du député PS Jérôme Cahuzac sur l’ouverture de 60 000 postes dans l’éducation.

Pourquoi être publiquement intervenu pour recadrer un membre de l’équipe de M. Hollande?

Nous avons été surpris que certains puissent affirmer que les 60 000 postes que nous créerons dans l’éducation nationale le seront par redéploiement du secondaire vers le primaire. Je connais la situation sur le terrain et je ne crois pas que cela corresponde à la réalité et aux besoins.

M. Hollande, lors de son conseil politique mercredi, a demandé à chacun d’être “responsable”. Vous sentez-vous visé ?

La responsabilité doit être partagée. Nous ne devons pas découvrir des interprétations nouvelles de telle ou telle mesure qui posent problème. Nous avons déjà vécu la semaine dernière une affaire de ce genre avec le quotient familial : l’entourage déforme les propositions du candidat. Je comprends qu’il faille faire campagne et répondre aux questions. Mais c’est au candidat de faire des propositions. A personne d’autre.

La création nette de ces 60 000 postes doit-elle être maintenue contre vents et marées ?

Elle est indispensable. Si nous ne créons pas ces postes, les prochaines rentrées scolaires seront difficiles à faire.

Manuel Valls, Pierre Moscovici, Michel Sapin… La ligne défendue par le premier cercle du candidat, ancré à la droite du PS, vous convient-elle ?

François connaît parfaitement ces camarades. Il a fait les choix qui lui convenaient. Je suis certain qu’il les assume parfaitement.

Votre candidat, sous couvert de réalisme budgétaire, ne prépare-t-il pas l’austérité ?

Ce n’est pas ce que dit François Hollande. Nous sommes dans une situation très difficile, à cause de la crise et de la droite, qui, depuis dix ans, mène une politique désastreuse. Si nous gagnons, ce ne sera pas facile. Mais la campagne ne peut se réduire à une course à l’austérité entre droite et gauche. Même si on ne peut pas tout faire, on doit dire qu’on va essayer.

Comment concilier “rêve français” et rigueur ?

Nos compatriotes sont très inquiets, et cette inquiétude limite l’enthousiasme. Nous connaissons le rejet dont le président de la République fait l’objet. Mais pour gagner, il faut susciter un minimum d’espérance. Notre rôle est de redonner un peu d’espoir.

La dégradation de la note française autorise-t-elle l’espoir?

Dans les motifs de la perte de notre triple A, il y a, bien sûr, l’appréciation négative sur notre situation financière, mais aussi un long paragraphe sur l’accumulation des plans d’austérité qui condamne la croissance, alors même qu’il n’y a que la croissance qui serait à même de redresser les finances publiques! Le rôle du candidat de l’alternance est d’avoir une gestion sérieuse, mais aussi de retrouver le chemin de la croissance.

Que pensez-vous du sommet social tenu mercredi à l’Elysée?

Ce n’est pas un sommet social, mais un sommet électoral. M. Sarkozy fait n’importe quoi. Il recrée 1 000 postes pour le Pôle emploi après en avoir supprimé 1 800 l’an passé; il accorde une enveloppe de 100 millions d’euros qui s’ajoutent aux 600 millions déjà budgétés pour le chômage partiel contre 6milliards en Allemagne.

La montée de François Bayrou dans les sondages vous inquiète-t-elle?

En Aquitaine, tout le monde sait que M. Bayrou est à droite. Il y a toujours mené ses batailles aux côtés de l’UMP. Il n’y a qu’à Paris qu’on ait des doutes ! M.Bayrou n’est là que pour préparer le second tour de M. Sarkozy.

Avant le sommet social, sus aux idées reçues!

17 janvier 2012 | Par Mathieu Magnaudeix – Mediapart.fr

C’est reparti pour un grand barnum social ! Comme il l’a fait à plusieurs reprises pendant la crise, Nicolas Sarkozy reçoit ce mercredi syndicats et patronat à l’Elysée pour un nouveau sommet social, rebaptisé en urgence « sommet de crise » par le chef de l’Etat lui-même après l’annonce, ce week-end, de la perte du fameux “triple A”.

Drôle de rencontre, en vérité, entre un Président pas encore entré en campagne mais qui agit comme tel, et des syndicats qui entendent ne rien céder à trois mois de la présidentielle. La partition est déjà connue : face à la crainte d’une nouvelle dégradation de la note souveraine, mais surtout d’une récession, alors que le chômage est à son zénith depuis douze ans, Nicolas Sarkozy entend montrer qu’il agit.

Dès mercredi soir, il pourrait donc annoncer des mesures pour améliorer le chômage partiel, qui a fait ses preuves en Allemagne pendant la crise, mais n’a que très imparfaitement protégé les salariés de ce côté du Rhin.

Sommet social à l'Elysée, 18 février 2009.Sommet social à l’Elysée, 18 février 2009.© Reuters

L’exécutif espère surtout lancer un débat bien moins consensuel : la compétitivité des entreprises, en proposant la création d’une TVA sociale – destinée à réduire le coût du travail – et la possibilité de négocier des accords « compétitivité-emploi » : le maintien de l’emploi contre une baisse des salaires et/ou une modification du temps de travail. Il faut « faire maintenant les réformes de compétitivité », expliquait François Fillon dans le Journal du dimanche.

Autant de chiffons rouges pour les syndicats, qui refusent de négocier sur des sujets si importants aussi près de la présidentielle, de peur d’être instrumentalisés. La CGT, qui appelle désormais clairement de ses vœux un « changement » à la tête de l’Etat en 2012, est à l’initiative d’un rassemblement le jour même du sommet social, une première depuis 2007. « Ce sommet s’annonce comme antisocial », tonnait mardi son secrétaire général, Bernard Thibault. « Nous n’allons pas à ce sommet pour négocier des mesures structurelles,renchéri Laurent Berger, numéro deux de la CFDT, dans un entretien au Figaro. Non que les thématiques de la compétitivité, du financement de la protection sociale ou du coût du travail ne nous intéressent pas, mais ce n’est pas le moment, à trois mois de l’élection présidentielle, de prendre des décisions à la hussarde sur ces sujets. »

Reste qu’à droite, ce sommet social a déclenché un véritable concours Lépine des idées pour diminuer le coût du travail et faire davantage travailler les Français. Certains ont proposé l‘enterrement définitif des 35 heures. D’autres la suppression d’une des cinq semaines de congés payés. Hervé Morin, candidat centriste à la présidentielle, et Dominique de Villepin proposent de porter la durée légale du travail à 37 heures. Quant aux petits patrons de la CGPME, ils proposent la création d’un super CDD de 30 mois.

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Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins

Communiqué de presse de Benoît Hamon (porte parole du Parti Socialiste), Henri Emmanuelli (député des Landes), Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice de Paris) – mardi 17 décembre

Nous sommes surpris de l’interprétation faite hier par Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, de la proposition ambitieuse de François Hollande de créer 60 000 postes d’enseignants dans l’Education nationale.

Après 5 ans de suppressions de postes, en application du non remplacement dogmatique d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les services publics, en particulier l’école, se retrouvent en première ligne. En période de crise économique et sociale, leur rôle pour assurer l’égalité entre les citoyens et l’émancipation de chaque jeune est indispensable.

Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education Nationale. Cela n’aurait aucun sens.

Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins. La crise appelle la responsabilité et la crédibilité. Celles-ci se mesurent aussi à la volonté politique que l’on consacre à protéger les Français et à leur garantir l’égalité devant les services publics .

Affaire Borgel : rénovation et parité ont fait long feu !

Nadia Pellefigue annonce que le Bureau National du Parti Socialiste vient de désigner Christophe Borgel, Secrétaire national en charge des élections, comme candidat aux législatives sur la 9ème circonscription de la Haute-Garonne.

On constate que les “bonnes vieilles méthodes” et la soif de pouvoir de quelques uns l’ont emporté sur la transparence et le renouvellement.

Depuis le 1er décembre, l’absence de décision nationale a été savamment entretenue pour en arriver à ce résultat, au mépris des militants, de la transparence et des orientations nationales en terme de réservation femme. Il est vrai qu’entre-temps le parachutage de Christophe Borgel dans la Somme a été avorté par le refus franc et massif de l’ensemble des élus et militants. Il n’en est pas de même en Haute-Garonne où il dit bénéficier du soutien de Pierre Cohen et Thierry Suaud.

Christophe Borgel, en sa qualité de Secrétaire national aux élections, avait la responsabilité de présider la commission nationale d’investiture chargée d’arbitrer la situation sur la circonscription qui est désormais celle où il sera candidat. On ne peut que regretter la confusion des genres. On comprend mieux néanmoins la manière dont la situation avait été très vite qualifiée “d’inextricable” ou de “bloquée” par ceux qui refusaient l’option la plus évidente et partagée par une très large majorité d’élus, responsables nationaux et fédéraux et militants haut-garonnais attachés à un fonctionnement sain de notre parti : un nouveau vote.

Pour rappel, le 6 décembre, sous la Présidence de Christophe Borgel, les éléments portés à la connaissance des membres de la Commission électorale ont permis de déterminer que la sincérité du vote était remise en question. C’est pour cette raison que la Convention nationale d’investiture du 10 décembre n’a pas investi Anne Crayssac.

Une mission d’information complémentaire menée par Christophe Borgel, après audition de nombreux élus, responsables fédéraux et militants devait initialement permettre l’arbitrage entre les deux candidates ou établir la procédure d’un nouveau vote afin de retrouver une légitimité par l’expression démocratique des militants.

Pas plus que les auditions de la Commission, cette mission n’a donné lieu à un rapport.

En lieu et place, le Bureau national a annoncé ce soir le parachutage, sur cette circonscription que le même Bureau national avait réservé femme, de celui qui devait être le juge de la décision : Christophe Borgel.

Rénovation et parité ont fait long feu.

La situation sur la 9ème circonscription reste indécise et ubuesque

A l’occasion de la nouvelle année, le bureau d’animation d’Un Monde d’Avance 31 vous adresse ses meilleurs voeux. Que 2012 soit une année riche en victoires politiques susceptibles de nous conduire au changement économique, social, environnemental et institutionnel tant attendu par nos concitoyens et par le peuple de gauche !

Nous aurons bientôt l’occasion d’échanger sur la campagne présidentielle qui s’ouvre, lors d’une Assemblée générale dont la date sera communiquée prochainement sur ce blog. D’ores et déjà, nous rappelons que les voeux de la fédération auront lieu le Jeudi 12 janvier, à 18h30 et qu’un conseil fédéral est prévu le Lundi 16 janvier, à 19h00.

En attendant, nous tenons à vous informer que la situation relative à l’investiture socialiste sur le 9ème circonscription reste des plus inextricables et que la direction nationale du parti, après avoir été incapable de prendre une décision courageuse suite aux irrégularités constatées au moment du scrutin, est maintenant en train de préparer en douce un parachutage. Cette situation, dont tu as pu avoir des échos dans la presse, est particulièrement déplorable et nous y consacrons actuellement beaucoup d’énergie.

Sur ce sujet, je t’invite à consulter le blog de Nadia Pellefigue où elle fait une description juste de la situation : nadiapellefigue2012.fr/
Tu peux également avoir des renseignements complémentaires sur le blog de François Carbonnel : francoiscarbonnel.fr

Sachez enfin que, si nous ne vous avons pas communiqué davantage de précisions sur ce sujet, c’est parce que depuis le 3 décembre les informations qui nous parviennent (au compte-goutte) se contredisent les unes les autres : investiture de Nadia Pellefigue ? nouveau vote sous contrôle national ? réservation à un candidat MRC ? parachutage de Jack Lang ? parachutage de Christophe Borgel ?… Bref, même si la première des hypothèses a – un temps – été la plus probable, il apparaît au moment où nous écrivons que c’est la dernière d’entre elles qui prédomine.

Nous tâcherons de vous tenir informés dans les prochains jours.